Face à une pollution atmosphérique préoccupante à Abidjan, la Côte d’Ivoire accélère le passage à une mobilité plus propre. Le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Abou Bamba, a reçu, mercredi 9 septembre 2026 à Abidjan, un véhicule électrique offert par le PNUD, symbole d’une stratégie visant à réduire les émissions polluantes et à améliorer la qualité de l’air dans les villes ivoiriennes.
Le secteur des transports représente plus de 40 % des émissions de gaz à effet de serre en Côte d’Ivoire. Un poids environnemental qui pousse les autorités à promouvoir des modes de déplacement moins polluants à travers la mobilité électrique. C’est dans cette dynamique que la Représentante résidente du PNUD en Côte d’Ivoire, Blerta Cela, a remis au ministre Abou Bamba un véhicule électrique neuf.
Jusqu’à 10 tonnes de CO₂ évitées
Pour le ministre, cette remise qui s’inscrit dans cadre du partenariat entre le ministère et le PNUD constitue un signal en faveur d’un changement progressif des habitudes de mobilité, alors que les émissions du secteur des transports pèsent sur l’environnement. « Face à cette réalité, la mobilité électrique n’est pas un luxe. C’est une nécessité. C’est un choix stratégique pour protéger la santé publique, réduire nos émissions et renforcer notre souveraineté énergétique », a déclaré Abou Bamba. L’un des principaux avantages environnementaux mis en avant par le gouvernement réside dans la réduction des émissions de dioxyde de carbone.
si rien ne change, notre pays continuera d’importer massivement des carburants, de subir les chocs des marchés internationaux et de payer le prix humain et économique d’une pollution qui fragilise notre capital humain
Selon les données présentées lors de la cérémonie, « un véhicule électrique pourrait permettre d’éviter entre 2 et 3 tonnes de CO₂ par an ». Pour les taxis électriques, ce gain pourrait atteindre jusqu’à 10 tonnes de CO₂ annuellement. Au-delà du climat, l’électrification du parc automobile pourrait également contribuer à améliorer la qualité de l’air dans les zones urbaines, particulièrement à Abidjan. La capitale économique ivoirienne fait face à une importante pollution atmosphérique, notamment en raison des émissions provenant du trafic routier.
La concentration moyenne de particules fines PM2,5 y est estimée à 58 microgrammes par mètre cube, soit environ onze fois la valeur guide de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Ces particules, particulièrement nocives lorsqu’elles sont inhalées sur une longue période, constituent un enjeu majeur de santé publique. L’intérêt de l’électrique ne se limite toutefois pas à la réduction de la pollution. La technologie pourrait aussi permettre aux usagers de diminuer leurs dépenses énergétiques.
Une mobilité plus économique
Selon le ministre de l’environnement, « le passage à l’électrique pourrait réduire jusqu’à 70 % les coûts liés à l’énergie » sur certains trajets interurbains. L’écart est encore plus important pour les deux-roues. Le coût énergétique d’une moto électrique pourrait être jusqu’à 17 fois inférieur à celui d’une moto fonctionnant au carburant. Pour les autorités ivoiriennes, ces économies renforcent l’intérêt d’une transition vers des modes de transport moins dépendants des carburants fossiles. « À l’inverse, si rien ne change, notre pays continuera d’importer massivement des carburants, de subir les chocs des marchés internationaux et de payer le prix humain et économique d’une pollution qui fragilise notre capital humain », a ajouté Abou Bamba.
La Côte d’Ivoire a déjà posé plusieurs jalons pour accompagner cette transformation. Le décret du 22 mai 2024 relatif à la mobilité électrique constitue notamment l’une des réformes destinées à encadrer le développement de ce secteur. Le Programme national de mobilité électrique prévoit, dans une première phase, le déploiement de 200 véhicules électriques dans l’administration publique, de 500 taxis électriques et de 150 stations solaires de recharge. L’ambition est appelée à prendre une nouvelle dimension dans les prochaines années. Le gouvernement vise en effet plus de 5 000 véhicules électriques dans l’administration publique à l’horizon 2030, conformément aux orientations des Contributions déterminées au niveau national (CDN 3.0).
Le PNUD entend également accompagner cette dynamique. Lors de la remise du véhicule, Blerta Cela a réaffirmé la volonté de l’organisation de dépasser les objectifs actuellement fixés et de faire de la mobilité électrique un véritable levier de transformation économique. « Notre ambition, en travaillant ensemble, est de voir une Côte d’Ivoire qui grandisse, une Côte d’Ivoire qui s’innove, une mobilité électrique qui se transforme, et aussi de transformer une initiative publique en un véritable marché de la mobilité électrique ici en Côte d’Ivoire », a-t-elle déclaré. L’enjeu est désormais de transformer les initiatives engagées en une véritable transition de la mobilité, notamment dans les grandes villes.
Source : www.linfodrome.com
