Au cœur de cette initiative, l’UM6P assure l’impulsion académique et scientifique du projet, avec la volonté de développer des compétences africaines capables de concevoir des solutions technologiques adaptées aux réalités du continent. Pour son président, Hicham El Habti, cette démarche traduit une conviction : « L’Afrique doit faire confiance à l’Afrique ». Une vision qui privilégie la coopération Sud-Sud, le partage d’expertises et la valorisation des ressources humaines africaines.
Le soutien de l’OCP Africa
Aux côtés de l’UM6P, OCP Africa apporte son soutien à cette dynamique en contribuant à la promotion de la formation, de l’innovation et de la transformation agricole. Sa directrice générale, Hajar Alafifi, a notamment insisté sur la nécessité d’investir dans le capital humain pour préparer les métiers agricoles de demain. L’INP-HB, pour sa part, accueille cette infrastructure à Yamoussoukro et participe à l’ancrage de cette coopération dans l’environnement académique et scientifique ivoirien.
L’enjeu est considérable pour un pays comme la Côte d’Ivoire, dont l’agriculture représente environ 25 % du PIB, en intégrant l’agro-industrie, et près de 40 % des recettes d’exportation. Malgré son poids économique, le secteur reste confronté à d’importants défis : faible mécanisation, insuffisance des infrastructures d’irrigation, vulnérabilité aux changements climatiques et difficultés de productivité.
Le pays dispose d’un tracteur pour 1 000 hectares, tandis que seulement 130 000 hectares sont irrigués sur un potentiel estimé à 3,4 millions d’hectares
Selon les chiffres présentés par le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné Koné, le pays dispose d’un tracteur pour 1 000 hectares, tandis que seulement 130 000 hectares sont irrigués sur un potentiel estimé à 3,4 millions d’hectares.
Face à ces contraintes, la Digital Farming School entend former une nouvelle génération de spécialistes de l’Agritech. Son modèle pédagogique associe agronomie, informatique, intelligence artificielle, drones agricoles, capteurs connectés et analyse des données. Fondée sur l’apprentissage pratique, l’expérimentation agricole et le partage de connaissances, la formation doit permettre aux apprenants de développer des solutions directement applicables aux besoins des producteurs.
L’attractivité du programme
L’attractivité du programme se mesure déjà à travers les 3 700 candidatures enregistrées pour seulement 50 étudiants retenus dans cette première promotion, qui bénéficieront d’une formation de deux ans entièrement prise en charge.
Présidant la cérémonie, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Adama Diawara, a rappelé l’importance de la science, de la recherche et de l’innovation dans la transformation des économies africaines. La présence de l’ambassadeur du Maroc en Côte d’Ivoire, Otman El Ferdaous, et de l’ancien Premier ministre éthiopien Haile Mariam Dessalegn a également donné une dimension diplomatique et continentale à l’événement.
La DFS ambitionne ainsi de bâtir un écosystème associant universités, entreprises, chercheurs, entrepreneurs et acteurs agricoles
Au-delà de la construction d’un établissement de formation, la DFS ambitionne ainsi de bâtir un écosystème associant universités, entreprises, chercheurs, entrepreneurs et acteurs agricoles. Pour l’UM6P, OCP Africa et l’INP-HB, le défi est désormais de transformer cette coopération en compétences opérationnelles, en innovations accessibles aux producteurs et en gains durables de productivité.
À Yamoussoukro, c’est donc aussi la question de la souveraineté alimentaire et de la capacité de l’Afrique à maîtriser ses propres technologies agricoles qui se trouve au cœur de cette initiative.
Source : www.linfodrome.com
