Un atelier de proposition et de validation d’activités de recherche destinées à améliorer la compétitivité de la filière coton ivoirienne s’est ouvert, mardi 8 septembre 2026 à Yamoussoukro, avec la participation des acteurs de la filière, des institutions nationales de recherche et de partenaires techniques internationaux.
Organisé à l’initiative du Conseil coton, anacarde et karité, l’atelier vise à définir et à prioriser des activités de recherche susceptibles de répondre aux principales contraintes de la production cotonnière, notamment la dégradation de la fertilité des sols, le coût élevé des intrants, les effets du changement climatique et la pression des bioagresseurs, en particulier les jassides.
Représentant le directeur général du Conseil coton, anacarde et karité, Mamadou Berté, le directeur des délégations régionales, Mamadou Doumbia, a relevé que la filière coton constitue un pilier socio-économique majeur, notamment dans les zones Centre et Nord de la Côte d’Ivoire, en raison de sa contribution aux recettes d’exportation et aux moyens de subsistance de plusieurs millions de personnes.
Il a rappelé que la production nationale de coton graine est passée de 310 114 tonnes lors de la campagne 2015-2016 à 599 483 tonnes en 2020-2021, grâce notamment à la dynamique de relance engagée après la réforme de 2013 et à l’appui de l’Etat.
Cette progression a toutefois été fortement perturbée par la crise des jassides survenue au cours de la campagne 2022-2023, entraînant une baisse de plus de 50 % de la production nationale. Cette situation, a-t-il souligné, a mis en évidence la vulnérabilité de la filière face aux chocs parasitaires et environnementaux.
La filière fait également face à la variabilité de la pluviométrie liée au changement climatique, à l’augmentation du coût de la main-d’œuvre et aux difficultés d’adoption de certaines pratiques agricoles améliorées.
Pour M. Doumbia, la recherche constitue dès lors un levier essentiel pour apporter des réponses adaptées et durables. L’atelier réunit notamment le Centre national de recherche agronomique (CNRA), le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), les structures d’encadrement, les sociétés cotonnières et les organisations professionnelles.
L’objectif est de mutualiser les expertises afin de coconstruire des solutions innovantes, agroécologiques et durables adaptées aux réalités de la filière.
Chercheur au CIRAD et représentant de cette institution en Afrique de l’Ouest, Édouard Gérardeau a indiqué que le CIRAD entend mettre à profit son expérience acquise dans plusieurs pays africains, notamment au Bénin, au Cameroun et au Kenya, dans les domaines de l’agroécologie et de l’agroforesterie.
« L’attente, à la fin de cet atelier, c’est d’arriver à un plan d’action qui définisse clairement qui fait quoi », a-t-il expliqué, précisant que le CIRAD pourrait accompagner le CNRA dans la conduite d’activités de recherche sur le terrain ou faciliter l’accueil de chercheurs ivoiriens sur différents sites de recherche.
Le directeur général du CNRA en charge de la recherche, Dr Kouakou Amani Michel, a réaffirmé la disponibilité de l’institution à contribuer à l’atteinte des objectifs de la filière, notamment l’accroissement des rendements, l’amélioration des revenus et des conditions de vie des producteurs.
Les travaux doivent aboutir à un plan d’action détaillé, chiffré et consensuel, précisant les activités de recherche prioritaires et les responsabilités des différentes parties prenantes.
Cette démarche s’inscrit dans la stratégie du CCA à l’horizon 2030, qui ambitionne d’atteindre une production de 600 000 tonnes de coton graine, d’améliorer le rendement moyen au champ d’une à 1,4 tonne par hectare et de renforcer la qualité du coton ivoirien.
Mamadou Doumbia a assuré de l’engagement du Conseil coton, anacarde et karité à mobiliser les ressources nécessaires et à coordonner les actions issues de cet atelier, en vue de contribuer à une relance durable et à une meilleure compétitivité de la filière coton ivoirienne.
Source : www.aip.ci
