La Côte d’Ivoire a réaffirmé son engagement pour un océan protégé, à l’occasion de la 3e Conférence des Nations Unies sur l’Océan (UNOC 3) qui se déroule à Nice, en France.
Sa désignation à la vice-présidence de la Coalition des maires pour l’océan, « la médaille du Sommet de l’Océan », constitue un signal fort de reconnaissance du leadership environnemental ivoirien sur la scène internationale, rapporte une note transmise le mercredi 11 juin à l’AIP.
La distinction a été reçue par le ministre de l’Environnement, du Développement durable et de la Transition écologique, Assahoré Konan Jacques.
Au nom du président de la République, Alassane Ouattara, le ministre avait soutenu cet engagement le 9 juin 2014, lors de cette Conférence.
« L’adoption de l’Accord BBNJ constitue une avancée majeure dans l’histoire du multilatéralisme environnemental. […] Cet accord symbolise une volonté commune de réconcilier l’humanité avec l’océan », a déclaré M. Assahoré, annonçant que la Côte d’Ivoire a ratifié le Traité BBNJ par décret présidentiel, et entamé l’élaboration de son plan national de mise en œuvre.
À travers cette déclaration solennelle, la Côte d’Ivoire réaffirme son attachement profond à la conservation de la biodiversité marine dans les zones au-delà des juridictions nationales. Cette prise de position s’inscrit dans une vision de développement durable inclusive, adossée aux Objectifs de Développement Durable (ODD), notamment l’ODD 14 relatif à la vie aquatique.
Cet engagement est conforté par une délégation ivoirienne de haut niveau qu’a conduit le Premier ministre, ministre des Sports et du Cadre de vie, Dr Robert Beugré Mambé, représentant le chef de l’État.
« Je voudrais saisir l’occasion de cette grande rencontre sur l’avenir de notre planète pour lancer un appel à une solidarité accrue, fondée sur le partage de savoir-faire, l’accès équitable aux ressources marines et la mobilisation de financements innovants », a indiqué le Premier ministre.
Il a également plaidé pour un renforcement de la coopération Sud-Sud et pour la création d’un Fonds mondial dédié à l’action pour les océans, accessible, transparent et inclusif. Il a rappelé que la stratégie nationale ivoirienne en faveur de l’ODD 14 inclut la création de nouvelles Aires marines protégées (AMP), l’adoption d’une stratégie nationale pour l’économie bleue, l’intensification de la lutte contre la pollution marine, l’implication dans les mécanismes régionaux comme la Convention d’Abidjan.
En marge de la conférence, M. Assahoré a accompagné le Premier ministre à une visite de courtoisie au maire de Nice, Christian Estrosi, également président de la Coalition mondiale des maires des villes côtières. Ce moment d’échange a renforcé les liens de coopération autour de la résilience côtière et de la gouvernance maritime.
Les pays en développement et particulièrement ceux d’Afrique de l’Ouest continuent de faire face à deux menaces majeures, notamment la pêche illégale non déclarée et non réglementée (INN), et les effets grandissants du changement climatique sur les écosystèmes marins.
Dans les eaux territoriales de la Mauritanie, de la Guinée, de la Sierra Leone ou encore de la Côte d’Ivoire, les incursions de chalutiers industriels étrangers sont devenues monnaie courante. Souvent opérant sous pavillon de complaisance, ces navires échappent à tout contrôle effectif, pillant les ressources halieutiques au détriment des économies locales et des communautés de pêche artisanale.
Ce phénomène entraîne non seulement des pertes économiques considérables pour les États concernés, mais aussi un appauvrissement alarmant de la biodiversité marine.
À cette pression s’ajoute celle du changement climatique qui modifie la température des eaux, pousse les espèces vers d’autres zones et fragilise les moyens de subsistance des populations côtières. L’élévation du niveau de la mer, l’acidification des océans et la destruction des habitats marins accentuent la vulnérabilité des pays riverains, menaçant leur sécurité alimentaire et leur stabilité sociale.
En adoptant le traité sur la Biodiversité marine au-delà des juridictions nationales (BBNJ), la Côte d’Ivoire envisage d’agir collectivement pour une meilleure protection des océans, tout en garantissant aux pays les moyens de surveiller et défendre leur souveraineté maritime.
Source : www.aip.ci
