Face aux dérives liées à l’orpaillage illégal, le sous-préfet de Diawala et la Fédération des coopératives minières de Côte d’Ivoire (FECOMCI) invitent les exploitants à s’organiser en coopératives. Une démarche présentée comme un moyen de mieux encadrer l’activité et de favoriser sa pratique dans la légalité. Sortir de l’informel
La lutte contre l’exploitation minière artisanale illégale passe aussi par la sensibilisation et l’organisation des acteurs. À Diawala, dans la région du Tchologo, cette conviction a été au cœur d’une journée de sensibilisation tenue le vendredi 21 août 2026 à la sous-préfecture, rapporte une note du Sercom de la Fecomci transmise, ce 24 août 2026, à Fratmat.info.
À l’initiative du sous-préfet Sévérin Bouatini, la rencontre a réuni les populations, les exploitants miniers et une délégation de la Fecomci. L’objectif était de faire comprendre la nécessité de la création de coopératives minières pour permettre aux acteurs de sortir progressivement de l’illégalité.
Prenant la parole, le sous-préfet a dressé un bilan de la situation qu’il dit avoir trouvée à son arrivée en août 2025. Il a évoqué une exploitation anarchique, avec notamment des machines installées en bordure des voies.
Selon lui, cette situation avait entraîné plusieurs conséquences : dégradation des terres, accidents, violences, grossesses en cours de scolarité, mais aussi risques sécuritaires liés à la circulation de l’or et à la proximité de zones exposées aux groupes armés.
De la répression à la formalisation
Face à cette situation, l’administration a d’abord privilégié la sensibilisation, avec l’appui de la Direction régionale des Mines. Mais devant les résistances, une phase de répression a été engagée avec le concours de la Gendarmerie nationale.
Cette action aurait conduit au départ de nombreux exploitants illégaux. Pour le sous-préfet, l’étape suivante consiste désormais à proposer une alternative aux jeunes qui dépendent de cette activité pour leur subsistance.
Dans cette perspective, 17 coopératives minières ont été constituées dans la sous-préfecture. Deux permis d’exploitation ont également été officiellement remis à Tuo Kafana, présenté comme un exploitant ayant obtenu son autorisation après plusieurs démarches.
L’administration locale travaille par ailleurs à l’obtention d’une superficie destinée aux jeunes de Diawala, le temps qu’ils achèvent leur formalisation. Pour Sévérin Bouatini, l’enjeu est d’éviter que la fermeture des sites ne transforme une question économique en problème social et sécuritaire.
« La coopérative ne remplace pas l’autorisation »
La Fecomci entend accompagner cette transition. Son président, Koné Seydou, a appelé les exploitants à abandonner la dispersion au profit d’une organisation collective.
Il a toutefois tenu à préciser qu’une coopérative ne constitue pas, à elle seule, une autorisation d’exploiter. « Créer une coopérative ne donne pas automatiquement le droit d’exploiter une mine », a-t-il rappelé, ajoutant que l’adhésion à la Fecomci ne remplace aucune autorisation délivrée par l’État.
Pour lui, la coopérative doit plutôt être un outil d’organisation, de formation, de discipline et de responsabilisation. Elle doit également permettre une meilleure traçabilité de l’activité et faciliter le dialogue avec les pouvoirs publics.
L’environnement au cœur des préoccupations
La question environnementale a également occupé une place importante dans les échanges. La Fecomci souhaite promouvoir auprès des exploitants de nouvelles pratiques portant notamment sur la protection des cours d’eau, la gestion des déchets, la sécurisation des excavations, la réhabilitation des sites et le reboisement.
« L’or ne doit pas nous coûter notre eau », a insisté Koné Seydou, appelant les acteurs à concilier exploitation minière et préservation du patrimoine naturel.
Le président de la Fecomci a enfin invité les 17 coopératives de Diawala à rejoindre la fédération afin de renforcer leur organisation et leur capacité à porter leurs préoccupations auprès des pouvoirs publics. La Gendarmerie, les Eaux et Forêts et les services des Mines ont également pris part à la rencontre.
Source : SERCOM de la FECOMCI
