Premier programme juridictionnel REDD+ à grande échelle du pays, il repose sur un principe disruptif : Payer non pas des engagements, mais des résultats vérifiés. En seulement quelques années, le PRE a déjà mobilisé 55 millions de dollars, certifié 20 millions de tonnes de CO₂ évitées, soit le double de l’objectif initial, et rémunéré plus de 23 000 bénéficiaires directs. Pour décrypter ce mécanisme complexe et ses retombées concrètes, Linfodrome a rencontré Eric Konan, ingénieur des Eaux et Forêts et coordinateur du projet.
Il revient sur les grandes lignes d’une aventure qui place les communautés villageoises au centre du dispositif, avec 50 % des fonds qui leur sont directement alloués. 75 000 ha d’agroforesterie, près de 2,8 milliards FCFA distribués et défis comme le dossier sensible de la forêt classée de Bolo-Ouest, cet entretien éclaire les promesses et les limites d’un modèle qui fait désormais référence en Afrique subsaharienne. Interview (Fin).
Linfodrome : La forêt classée de Bolo-Ouest est menacée par une opération de déguerpissement qui concernerait 6 000 familles. Quel est l’état des lieux des démarches entreprises par le PRE ou en lien avec les autorités pour limiter les dégâts sociaux et environnementaux ?
Concernant le dossier de Bolo-Ouest, ce que je peux vous dire, c’est qu’il fait l’objet d’une attention particulière par les Ministères de tutelle notamment le Ministère en charge des Forêts et celui en charge de l’Environnement dans le cadre plus large des sauvegardes environnementales et sociales. Je ne peux pas confirmer les chiffres que vous avancez. Mais sachez qu’un audit environnemental et social est en cours relativement à la situation de cette forêt et qu’au terme de cet audit, les chiffres réels seront connus.
Linfodrome : Nous sommes le 12 août 2026. Quel bilan tirez-vous de l’avancement du projet à ce jour ? Les objectifs fixés dans l’ERPA sont-ils en voie d’être atteints ?
Sur l’objectif initial de l’ERPA FCPF qui était de 10 millions de tonnes vérifiées sur la période 2020-2024, le bilan est déjà favorable. Près de 20 millions de tonnes ont été vérifiées à ce jour, pour 55 millions USD perçus, avec 8 millions de tonnes supplémentaires en cours de vérification. Le programme est allé au-delà du seul ERPA initial, avec la signature en novembre 2025 d’un second accord, d’un montant de 23 millions USD, avec EMERGENT pour valoriser les réductions d’émissions excédentaires sur le marché volontaire du carbone, une étape qui n’était pas acquise d’avance et qui traduit la confiance obtenue par le programme.
Linfodrome : Quelles sont les prochaines échéances pour le PRE et quels sont vos souhaits pour la suite, au-delà de 2026 ?
Les prochaines échéances à court terme sont la poursuite des versements aux communautés bénéficiaires. La finalisation de la vérification des émissions réduites au cours de l’année 2024, dernière période de monitoring du projet. Notre souhait pour la suite c’est (i) de pouvoir mettre en œuvre une autre phase du projet en vue de consolider les acquis de cette phase, (ii) de poursuivre les incitations aux populations afin de maintenir la permanence des émissions réduites, ce qui est un objectif contractuel avec le fonds carbone de la Banque mondiale ; et (iii) d’étendre ce type d’initiatives à d’autres régions du pays.
Source : www.linfodrome.com
